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La nation fait la fête d’un océan a l’autre et avec raison. Le Canada remporte chez lui sa première médaille d’or Olympique dans le hockey sur son propre sol depuis le début des Jeux.
Mais la victoire canadienne, arrachée de justesse devant un adversaire américain qui s’est présenté avec autant d’acharnement, n’est surtout pas l’occasion de vanter d’une ‘supériorité’ canadienne ou même Nord-Américaine, dans le domaine du hockey sur glace.
Au contraire, ce tournoi continue d’affirmer que le hockey est un sport mondial. S’il est loin d’atteindre la masse critique qui prône le football, les taux d’écoute, y compris ceux de la télédiffusion et les internautes, des JO hivernaux 2010 ont démontré que ce n’est une question de temps avant que le hockey rivalise avec le foot.
Les usines d’hockey au Canada et aux Etats-Unis ont fait valider leurs énormes programmes de développement, et dans le cas du Canada, une intervention gouvernementale importante dénommée « A Nous Le Podium ». Ceci dit, les nations de comparativement petite taille ont défendu leurs couleurs sans avoir à se reprocher.
Comme ils l’ont fait depuis des décennies, la Finlande, la Suède et la Tchéquie étaient amplement de la partie. On a assisté à de belles surprises : la Suisse a failli jouer un vilain tour aux colosses canadiens et américains et la Slovaquie a renversée les Russes tant favorisés. La Norvège, l’Allemagne, la Lettonie et le Belarus ont participé avec ardeur, même s’ils ont éprouvé quelques défaites difficiles.
Ce qui est remarquable, le fait que chacun de ces pays pouvait compter parmi leurs effectifs un nombre de joueurs qui ont grimpé l’échelle jusqu’au sommet professionnel, c'est-à-dire la National Hockey League.
En dépit du charabia qui entache les discussions internationales et de l’incapacité de Messieurs Bettman, Fasel et Medvedev de s’entendre sur un accord qui pourra accélérer la montée en puissance du hockey sur une échelle globale, on doit positiver.
Ce sont les femmes, enfin, qui mettent la lumière sur la solution. Sans tambours ni trompettes, le hockey féminin a surpris toute la planète en nous offrant un excellent spectacle. Ce spectacle était d’autant plus extraordinaire, car une équipe chinoise a encore une fois fait son entrée sur scène ; dans un pays de 1,3 milliards, moins de 200 joueurs sont sur le registre national.
Tandis que les hommes se tirent la couverture dans les coulisses diplomatiques, les femmes nous servent une leçon. On ne devrait pas tarder à l’apprendre.
Parlons un instant de l’équipe masculine du Canada, qui, contrairement a son homologue féminin, a essuyée des critiques sévères a l’endroit de ses propres partisans et des attentes qui auraient pu les écraser psychologiquement. Les jeunes, dont Crosby est le porte-étendard, ont confirmé qu’ils sont prêts a prendre la relève. Keith, Doughty, Luongo, Toews, Nash, sont la nouvelle génération. Pour certains, leur première participation aux JO ; pour les Brodeur et Niedermayer, peut-être le dernier cri.
On note aussi l’évidence de la mosaïque culturelle canadienne dans ce groupe. La francophonie est bien représentée par les Québécois Bergeron, Brodeur, Fleury et Luongo (celui-ci d’origine italienne montréalaise) ; l’Ontarien Boyle et le Manitobain Toews, qui se sont tous exprimés dans la langue de Molière devant les médias.
Dans les années à venir, on pourra s’attendre à ce que les joueurs de hockey sur glace soient un miroir de la diversité qui imprègne le phénomène de la globalisation.
D’ailleurs, la NHL s’est déjà rangée derrière ce constat, avec ses programmes de bénévolat « Hockey Is For Everyone » (Le Hockey C’est Pour Tout Le Monde) et « Goals And Dreams » (Buts et Rêves). Ceux-ci ont comme mandat de parsemer le hockey aux quatre coins du monde, alimentés par les efforts de leurs ambassadeurs, les étoiles qui travaillent discrètement et avec enthousiasme.
Le Baron Pierre De Coubertin n’aurait peut-être jamais envisagé que sa vision du sport comme compétition noble aurait pris une telle ampleur.
Cette médaille d’or pour le Canada, c’est le symbole d’une victoire dans un tournoi. Mais le travail à venir, c’est de continuer la mission de prouver que le hockey n’appartient pas uniquement a son pays natal, mais qu’il est véritablement pour tout le monde. |